Athènes en ruines

Nicolas Précas

 

Brandon Éditions

 

 

Le sommeil est un luxe dans ce pays qui les a tous perdus, l’un après l’autre.

 

Plus que d’assouvir la faim, plus que de calmer la peur de mourir, ce qui nous manque le plus, depuis la débâcle, c’est de dormir. De s’abandonner, dans la confiance, avec la certitude que le réveil suivra le sommeil. S’étourdir d’une chaleur moelleuse, s’y plonger pour mieux prendre son envol, est le plus grand luxe que nous autres, naufragés de la finance, réclamons de tous nos vœux.

Il fait froid.

 

Chapitre premier

Que l’on ne se méprenne pas : Athènes en ruines ne parle ni de la Grèce ni de ses habitants, mais de crises comme tous les pays en ont connu, de déserts comme chacun de nous en a traversé. Car Athènes en ruines n’est rien moins que le roman de l’élévation.